Le Partenariat canadien sur les biosolides poursuit les objectifs suivants :
Promouvoir les bonnes pratiques au niveau de la production, de l'entreposage, du transport et de l'utilisation de biosolides;
Renforcer la communication et la coordination entre les gouvernements et les intervenants;
Harmoniser les pratiques et la réglementation concernant les eaux usées et les biosolides;
Identifier et coordonner la recherche;
Promouvoir la diffusion d'information et la sensibilisation du public en regard des biosolides
Quarante-neuf municipalités canadiennes produisent plus de 555 000 tonnes de biosolides annuellement (données de 2001). L’épandage était la méthode la plus répandue en 2001 pour utiliser les biosolides en tant que produit. Mais les temps changent et l’épandage est devenu plus difficile à réaliser en raison des pratiques concernant les sites et des nouvelles réglementations. En effet les messages confus de la part des législateurs place les gestionnaires de stations d’épuration des eaux usées devant un dilemme. D’un côté, on demande d'améliore les technologies pour produire des effluents d’eaux usées et des biosolides toujours plus « propres », mais en même temps, on continue de considérer ces produits comme des déchets et à dépenser de l’argent pour les éliminer dans des sites d’enfouissement, par exemple. Mais, ce qui interpelle le plus au sujet des biosolides est qu'une ressource profitable (des résidus organiques) n’est pas utilisée à son plein potentiel économique et environnemental – et à l’heure du développement durable, il est temps que cela change.
L’ensemble hétéroclite de législations, de terminologies et de politiques concernant la gestion des « biosolides » au Canada confirme qu’il est grand temps d’adopter une approche coordonnée. Ainsi, un Partenariat canadien sur les biosolides regroupant tous les niveaux de gouvernements fédéraux, provinciaux et municipaux, les chercheurs du monde universitaire, l’industrie et d’autres institutions comme le Conseil national de recherches Canada (CNRC), le Centre canadien des eaux intérieures (CCEI), etc.…, des groupes environnementaux, des professionnels de la santé et des groupes de consommateurs, bénéficiera à tous les intervenants.
Les nombreux usages bénéfiques des biosolides devraient être acceptés publiquement, défendus scientifiquement et viables (ou disponibles) économiquement pour les agriculteurs, les sylviculteurs, les horticulteurs, les producteurs d’énergie et les développeurs de technologies. Les résidus organiques présents dans les biosolides constituent une ressource profitable qui peut contribuer considérablement aux objectifs nationaux de développement durable. Tout le potentiel d’une utilisation profitable des biosolides est freiné surtout par des perceptions négatives du public (liées aux odeurs, aux germes pathogènes, aux maladies). Si nous réussissons à modifier ces perceptions, les possibilités de nouvelles utilisations associées à l’innovation et aux nouvelles technologies pourront faire du Canada le chef de file de la réutilisation, de la récupération et du recyclage des produits issus de l’épuration des eaux usées (biosolides).
La perception du public est un facteur déterminant pour le succès d’un usage bénéfique des biosolides en tant que produits bénéfiques ou pour le développement de nouvelles utilisations (comme les biocarburants). La perception du public concernant les méthodes de travail des gouvernements pourrait ainsi être améliorée si tous les acteurs travaillaient de concert avec tous les niveaux du gouvernement. En intégrant l'économie, la santé humaine et la santé environnementale ainsi que des valeurs sociales au moyen d’un partenariat, nous unirons nos efforts individuels pour nous attaquer à cet enjeu. Ainsi, un Partenariat canadien sur les biosolides tel qu’il est proposé profiterait au gouvernement, à l’industrie, aux autres acteurs du secteur et au grand public en général.
Les municipalités dépensent annuellement des millions de dollars dans le traitement des déchets produits par les citoyens et les industries. Pour y arriver de façon efficace, elles doivent avoir les outils et un soutien des gouvernements supérieurs tout en fournissant aux citoyens un environnement en santé. Dans beaucoup de situations actuelles (comme le Michigan, destinataire des surplus de biosolides de Toronto, qui menace de fermer sa frontière) – la production de biosolides dépasse largement les utilisations et l’entreposage disponibles et actuellement acceptables.